Bienvenue!

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Bienvenue!


Ce blog est une FanFiction sur Tokio Hotel, plus particulièrement sur Bill & Tom, nos jumeaux préférés!


Si vous êtes homophobes ou tout simplement de petite nature, je tiens à vous prévenir que cette fiction présente de nombreuses scènes de violence, de Yaoi, de viol, etc. Donc, et je ne voudrais pas vous choquer, si vous n'aimez pas tout ça, il y a encore la possibilité de cliquer sur la petite croix blanche sur fond rouge en haut à droite de votre écran ;).


Bref, ceci n'est pas ma première fiction. En effet, moi c'est Lyra, et vous êtes peut-être déjà passé sur un de mes deux autres blogs de fictions sur TH: X & X.


Cette fiction, elle est un peu trash, elle raconte l'histoire d'un jeune garçon (Bill) au look androgyne, timide, naïf et faible, qui se fait violer et frapper par son jumeau (Tom) depuis que leur père est parti. Leur mère ne sait pas que Tom traite Bill ainsi, car elle n'est jamais à la maison, étant gravement malade et enchaînant les allers-et-retours maison/hôpital.
Au lycée, Bill n'a pas d'ami et Tom fait profiter de sa faiblesse à son groupe d'amis. Mais un jour, un jeune et beau garçon apellé Eero vient le voir. Au début, Bill ne lui fait pas confience et pense qu'il est comme les autres. Mais Eero va lui prouver le contraire...
Entre temps, des complications s'imposent. Tom fait beaucoup plus profiter de son frère à ses amis, lors de soirées s'apparentant à la descente aux enfers pour Bill. Et leur mère va de plus en plus mal... Bill se prend d'un amour passionnel pour Eero, mais quel est le prix de cet amour?



Voilà un petit résumé. Donc vous l'aurez bien compris, c'est Yaoi, c'est brutale, c'est pas Mon Petit Poney Emmène-moi aux Pays des Merveilles!


Le titre, c'est "L'Arc-en-ciel en Noir et Blanc". Pourquoi ce titre et que veut-il dire? C'est tout simplement l'état d'esprit de Bill, l'histoire d'une vie sans couleurs, sauf peut-être un peu de rouge...


J'ai emprunté l'idée à quelqu'un (à qui j'ai demandé bien sûr!), mais j'ai pas mal changé le scénario.


Oui et donc, les warnings en résumé (ça fait beaucoup, je sais!):

/!\ Yaoi, Lemons, Violence, Viols, Insultes, Drogue, Prostitution /!\


Notez-moi ici : http://the-best-fictions.skyrock.com/



/!\Deuxième et Nouvelle Fiction à la Page 14/!\



Si vous avez des questions à poser, c'est ici!

Miss TH: "Tom va-t-il être aussi méchant avec Bill tout au long de la fiction ou est-ce que ça va s'arranger?"
- Ca va s'arranger, entre autre... Quelque chose d'autre va arriver...

Correspondance-fic-th: "Tom a-t-il des raisons de détester Bill?"
- Oui, bien sûr. Il y en a deux. Pas dur à trouver, mais je ne les dirais pas. C'est Bill qui les dit plus tard dans la fiction. C'est plus des suppositions en fait, mais c'est sûrement ça.

Vanille: "Où trouves-tu les noms comme Sirius et Eero?"
- Sirius, c'est un mec que je hais dans un lycée voisin au mien xD. Bon sauf qu'il ne ressemble à celui dans la fiction, quoi que... des fois c'est à ce demander! Et Eero, je voulait un truc qui fasse penser à Héro, parce que c'est un peu ce qu'il est pour Bill. Mais en même temps je voulais que ça fasse faux. Héro et Eero ça ne sonne pas pareil, c'est donc semblable mais différent à la fois.

MissKaulitz1301301: "Bill va partir avec Max"?
- Ha ha! Msytère et Boule de Gomme, je dis. Je ne vais pas révéler le contenue de la fiction. Mais, quand on réfléchit, la réponse est logique et vient d'elle même ;).

Camille: "Ca veut dire quoi Lemon?"
- C'est une scène avec des relations sexuelles plus ou moins explicit. C'est hot, quoi xD.

Marie: "Sur quel blog peut-on retrouver la série Vibrator?"
- Sur http://xelectrastarx.skyblog.com. Mais il n'y a que le premier.
# Posté le mardi 03 juillet 2007 11:47
Modifié le lundi 08 juin 2009 05:45

Chapitre Un

Chapitre Un
Code Couleur: Bill - ...


Chapitre Un :
Seul dans la pénombre de sa chambre, il attendait sur son lit. La nuit tombait, mais il ne se levait pas pour allumer la lumière. Il préférait faire cela dans le noir pour ne pas que l'on voit son humiliation. Le soleil s'en allait à l'autre bout du monde et le noir s'installait dans la chambre pour une nuit, au fur et à mesure que les minutes coulaient comme d'un robinet mal fermé. Comme tous les soirs depuis quatre ans, le noir quotidien allait le faire sombrer dans un désespoir sans fond, comme un rituel organisé pour calmer la colère de certains. Et plus le temps s'échappait, plus il avait l'impression d'étouffer ; sa poitrine était oppressée, son souffle précipité, son esprit plus que jamais alerté. Le dernier rayon de soleil mourut, la poignée de porte de sa chambre bougea dans un cliquetis funeste et Bill s'apprêta à agoniser de honte. Deux yeux brillants de folie et de perversité luirent dans les ténèbres, arrachant un frisson à l'androgyne. Un rire glauque retentit tel un clairon.
Bill se retourna dans son lit, allant se coller au mur contre lequel le lit était disposé. Il avait presque envie de se confondre à la peinture, pour ne pas qu'on le voit, pour ne pas qu'on l'entende. Une vague d'angoisse l'oppressa sauvagement quand Tom grimpa sur le lit, le noyant dans un stresse indescriptible. D'une main, Tom le fit rouler sur les draps encore propres avec une facilité effrayante. Bill laissa échapper un petit gémissement remplit de craintes et d'appréhensions quand il se retrouva face à lui. Tom se positionna à quatre pattes au-dessus de son corps tremblant et sortit un foulard de sa poche. Il força ensuite son frère à ouvrir la bouche...
- Tom... S'il te plaît... supplia Bill.
... Et le lui mit brutalement dedans pour étouffer ses mots et ses futurs pleurs. Un futur proche. Et puis, riant presque de son ingéniosité qui n'en n'était pas une, il entreprit de faire descendre le bas de pyjama de son frère si faible sur ses jambes, pour enfin l'enlever complètement. Puis il enleva son propre pantalon, prit les mains de Bill d'une main pour lui faire lever les bras et plaqua l'autre sur ses yeux suppliant et dégoulinant de larmes. Et sans remords il pénétra dans son intimité souillée par sa propre cruauté.
L'androgyne gémissait, gesticulant de temps en temps mais Tom le frappait au moindre mouvement de défense. Tom enleva sa main des yeux de sa victime, mais celle-ci se gardait bien de les ouvrir. Affronter le regard de Tom était comme affronter la Mort : on ne connaissait pas l'issue du combat. Alors Bill fermait les yeux ; yeux fermés sur cet acte quotidien, yeux fermés sur l'ombre de sa vie, yeux fermés sur la clarté que pourrait être la mort face aux ténèbres de l'existence. Il n'essayait plus de se défendre, de se débattre, car ça n'était que pire. Il ne criait plus, car qui pouvait bien l'entendre ? Le foulard avalait et digérait ses signaux de détresse, les condamnant à jamais au silence. Il n'essayait plus. Il se laissait manipuler, car c'était la seule chose un tant soit peu raisonnable à faire. C'était l'issue la moins douloureuse, bien qu'elle fasse mal et qu'elle détruise, tout doucement, à feu doux.

Is anybody listening ?
Est-ce que quelqu'un écoute ?
Can they hear me when I call ?
Peuvent-ils m'entendre quand j'appelle ?
I'm shooting signals in the air
J'envoie des signaux dans les airs
'Cause I need somebody's help
Parce que j'ai besoin que quelqu'un m'aide
I can't make it on my own
Je ne peux pas le faire moi-même
So I'm giving up myself
Alors je me rends

Le frère si haït s'en alla, assouvit et ravit. Bill restait immobile sur les draps sals, ayant ouvert les yeux et fixant le plafond, voyant les étoiles luirent à travers comme des lueurs d'espoir. Il reniait la douleur, la chassait en s'envolant pour un arc-en-ciel imaginaire, teinté de déclinaisons de gris, allant du blanc symbolisant la vie au noir évoquant la mort. Et entre les deux, il y avait lui, ni vivant ni mourrant ; sans joie, sans foie ; un vide. Car il était vide de sentiments, car il ne savait plus ce que c'était ; car il était vide de joie, car ça faisait longtemps que celle-ci l'avait quitté ; car il était vide d'envies et de désirs, car il ne connaissait pas vraiment l'amour. Le seul amour qu'il recevait, c'était celui de sa maman. Seule elle l'encourageait, le chérissait, le soutenait, l'adorait, lui, le fruit de ses entrailles. Il n'y avait qu'à ces yeux maternels qu'il semblait avoir de la valeur, mais une valeur infinie. Mais pour combien de temps encore ? Elle était gravement malade, son organisme atteint d'un infarctus. Elle était de temps en temps à la maison, et souvent à l'hôpital. Et ce soir-là, elle n'était pas chez eux.
Bill avait conscience qu'elle pouvait partir à chaque instant, mais il faisait comme s'il ne le savait pas. Il ne voulait pas y penser et il se l'interdisait. Si elle s'en allait, que lui resterait-il ? Rien. Sauf son abominable frère. Son père les avait quitté il y a quatre ans et n'avait plus jamais donné de nouvelles. Et c'est depuis ce temps que Tom s'acharnait sur lui, ayant probablement oublié leurs liens fraternels. Il n'y avait strictement plus aucun lien entre eux de toutes évidences, ils étaient locataires, point c'est tout.
Et le robinet du temps laissa s'égoutter les minutes sans que Bill ne quitte le plafond des yeux. Il n'avait toujours pas bougé ni donc remonté son pyjama. Il rêvait c'est tout. Il essayait de s'évader vers un arc-en-ciel de couleurs pour ainsi laisser le sien délavé en suspend quelques temps. Il s'enivrait d'un univers bariolé plein d'aurore aux sept couleurs, volant parmi les étoiles brillantes ou voyageant sur la queue multicolore d'une comète. Histoire de voir de la couleur...
Il ne se plaignait jamais, il s'en défendait d'ailleurs, il avait honte de toutes façons. Personne ne savait ce que Tom lui infligeait à par Tom lui-même et ses amis. Bill n'en parlait pas, il ne pouvait pas. Et sinon, que lui ferait Tom ? Il serait capable de le tuer et de l'enterrer avec son secret.
Et Bill vivait avec ce secret. Un secret n'est pas fait pour être dévoilé. Ainsi Bill n'en parlait pas et surmontait cela tout seul. Il vivait avec. Aussi, alors que certains ont cours de musique une heure chaque soir, lui, il se faisait frapper et abuser, comme si c'était normal. Ça s'était installé dans son quotidien... Il était faible, et Tom certainement plus fort, alors il se laissait faire, ça rentrait dans sa logique et l'ordre des choses. Il n'avait qu'à s'allonger par terre et se laisser faire.
Mais qu'importe. Si Bill ne s'était pas déjà jeté du haut du toit, c'est parce qu'il croyait fermement à une chose. Et c'était sa maman qui lui avait dis. Il pensait que chacun apportait du bon dans ce monde, qu'il était né pour aimer et être aimé. Et aussi, et aussi... que le meilleur était à venir.

Paroles: S.O.S - Good Charlotte *

Laissez vos commentaires ;) ! Merci!
# Posté le mardi 03 juillet 2007 11:58
Modifié le vendredi 31 août 2007 05:52

Chapitre Deux

Chapitre Deux
Code Couleur: Bill -... / Tom -...


Chapitre Deux :
La lune entamait sa descente vers la ligne d'horizon. Là, Bill se redressa, prit son bas de pyjama et alla se nettoyer dans la salle de bain. Après ça, il se rhabilla et se regarda dans le miroir au-dessus du lavabo. Il s'approcha tout près, jusqu'à coller son nez sur le verre. Il détailla avec minutie son large front, ses sourcils épais, ses grands yeux de biche aux cils bien fournis, son petit nez aquilin, ses joues ni creuses ni rondes, ses lèvres roses et son petit menton. A chaque fois, il essayait d'y voir qui il était vraiment, ce qu'il y avait dans le fond de son regard craintif. Il essayait d'apercevoir une expression autre que de la tristesse sur son visage. Mais son reflet ne parlait pas en son honneur. Il lui montrait un jeune garçon exclut, vide, qui n'imaginait rien d'un futur qui n'existait plus. Il était mignon, certes, mais c'était bien sa seule qualité. Enfin, ce n'est que ce que révélait le miroir. A part ça, à part ça... il n'était qu'un objet sur lequel on se défoulait volontiers. Il était le noir du corbeau, la solitude du rapace, la tristesse du vilain petit canard abandonné sur la rive. Un oiseau sans ailes. Ses ailes ? Mais ça faisait bien longtemps qu'elles étaient tombées, coupées au combat. Et ça faisait bien longtemps que son épée avait été brisée, son armure enfoncée et son bouclier fendu. Il n'y avait plus rien à faire, sauf se faire prisonnier. C'est ce qu'il était, un prisonnier, celui de Tom. Tom était lui-même la machine à torturer, il frappait, il mutilait, il violait... et pourquoi ? Pour rien. Pour rien, parce que personne ne rachèterait l'âme de Bill, car pratiquement personne ne savait. Et ceux qui connaissaient ce secret, ils le gardaient enfermé à double tour dans un coffre fort et se moquaient de celui-ci dès qu'ils passaient devant.
Bill quitta la salle de bain pour revenir dans sa chambre. Il défit son lit et prit des draps propres dans son armoire. Après l'avoir refait, il ne se recoucha pas. Il borda bien la couette après avoir durcit un peu l'oreiller et fit disparaître avec soin et souplesse tous les plis. Ensuite, il alla s'asseoir sur le rebord de la fenêtre au-dessus de son lit. Il l'ouvrit en grand, respira l'air de la nuit qui fit danser ses longs cheveux, puis resta un long moment adossé à l'encadrement. Son regard se perdit rapidement dans le feuillage des hauts arbres derrière son jardin, qui bruissait légèrement sous la brise nocturne. La lune était voilée et un simple halot argenté luisait à travers le ciel d'encre. On ne voyait pas les étoiles. Le silence régnait en maître, s'il on acceptait que la chouette chante pour lui, et absolument rien ne pouvait plus le briser jusqu'à ce que le coq chante. La lune, Bill s'y confiait tous les soirs, il lui racontait son histoire, comme on écrit son journal intime. Et même s'il savait qu'elle ne l'écoutait pas, qu'elle ne répondrait pas, ça lui faisait un bien fou. Dans le calme de la nuit, il lui murmurait ses craintes, lui criait ses douleurs et lui chantait ses envies.

J'ai demandé à la lune
Et le soleil ne le sait pas
Je lui ai montré mes brûlures
Et la lune s'est moquée de moi
Et comme le ciel n'avait pas fière allure
Et que je ne guérissais pas
Je me suis dit quelle infortune
Et la lune s'est moquée de moi

Et ensuite, le c½ur un peu plus léger, moins serré et angoissé, il se glissa silencieusement dans son lit qu'il avait prit soin de bien faire rien que pour lui. Parce qu'enfin, s'il ne faisait rien pour lui, qui le ferait, à part sa maman en train de partir ? Il ramena la couette sur lui, presque entièrement, se retourna sur le ventre et entoura l'oreiller de ses bras comme pour s'y accrocher. Et puis il essaya de s'élever au-dessus des nuages les plus hauts pour danser sur un arc-en-ciel en couleur. Mais à chaque fois, à chaque fois... ce n'était que celui en noir et blanc, plus noir que blanc, moins blanc que noir, qui l'entourait et se serrait autour de sa gorge comme un serpent. Oui car, essayez de mélanger une couleur avec du noir, elle devient sombre et sale, et parfois même elle disparaître étouffée par la couleur des ténèbres.
Le lendemain, la sonnerie criarde du réveil l'enleva du pays des cauchemars. Il se leva rapidement, prit ses habits qu'il avait préparé la veille et courut à la salle de bain, une boule de stresse dans la poitrine. Mais trop tard. Tom arrivait juste à ce moment.
- Moi d'abord, grogna-t-il en repoussant violemment Bill dans le couloir.
L'androgyne retomba sur les fesses. Tant pis, il irait se préparer après. Il posa ses affaires à côté de la porte de la salle de bain, puis descendit à la cuisine pour déjeuner. Il se prépara un bol de céréales et mangea en tête à tête avec la pendule qui chantait les secondes. Tom descendit en balançant son sac dans les escaliers avant que Bill n'ait fini de manger. Le dreadé passa en coup de vent derrière lui en faisant comme s'il n'était pas là et se prépara à son tour un bol de céréales. Avant qu'il ne s'assoie, Bill se leva après s'être essuyé la bouche avec un sopalin et déguerpit vers les escaliers d'un pas pressé. Voyant ce stresse et ayant très envie de « jouer », Tom le rattrapa vite fait bien fait dans les marches, l'attrapa par le tee-shirt et le tira violemment pour lui faire retomber les trois marches qu'il avait gravit. Puis, restant debout et venant au-dessus de lui, allongé sur le dos, Tom lui demanda en le regardant délicieusement grimacer de douleur :
- Pourquoi t'es si pressé ?
- Je ne veux pas être en retard, répondit Bill, les mains cachant son visage en essayant de garder son calme, sans succès. Je me dépêche d'aller m'habiller.
- T'auras du mal.
Tom lui flanqua un coup dans les côtes et repartit à son petit-déjeuner en ricanant. L'androgyne se relava tant bien que mal et monta à l'étage. Il se dirigea vers la salle de bain et voulu prendre ses vêtements qu'il avait laissé à côté de la porte, mais ils n'étaient plus là. Ils n'étaient pas bien loin, dans la baignoire exactement, trempés et pleins de champoing. Bill soupira, il aurait dû s'en douter et être plus vigilant. Il les mit donc au linge sal.
Il retourna dans sa chambre en choisir d'autres, puis pu enfin s'habiller. Tout en noir, avec des vêtements serrés, comme les filles. Il aimait bien. Il n'oublia pas de se maquiller les yeux de noir et de se parer de ses nombreux colliers et bagues. Il ébouriffa un peu ses cheveux, puis alla prendre son sac – noir – pour enfin redescendre et partir pour le lycée. Evidemment, il fallut que Tom parte en même temps que lui. Il le regarda d'un air mauvais saturé de dégoût. Il s'approcha de lui en un éclair et le prit violemment par le bras et le claqua contre le mur.
- T'es un mec ou une nana ? Demanda-t-il.
Bill ne répondit pas, car il connaissait la suite par c½ur.
- T'es un mec, et les mecs, ça se maquille pas et ça fou pas des fringues moulantes.
Il cracha sur sa veste, puis lui envoya le poing dans l'estomac et son pied dans le tibia. Bill retomba accroupit en gémissant. Des larmes étoilées vinrent mouiller ses cils, puis coulèrent en entraînant son maquillage. C'est ce que Tom désirait.
- T'es pitoyable, lança-t-il. T'es pas normal.
Il lui envoya un dernier coup de genoux dans la figure puis s'en alla en claquant la porte.
Bill resta un moment à terre. Heureusement, ça n'allait plus durer car leur maman revenait ce soir de l'hôpital, alors Tom ne lui ferait plus ça. Ou du moins, il le ferait plus rarement.
Au bout de cinq minutes, il partit lui aussi pour le lycée après s'être essuyé les yeux. Au moins il y aurait de l'écart entre lui et son frère. Il marcha calmement en s'évadent par la pensée, rêvant de s'envoler un jour prochain pour l'arc-en-ciel en couleur.

Paroles: J'ai Demandé à la Lune - Indochine *

Dites-moi ce que vous en pensez surtout ^^ ! Y'a beaucoup de personne qui me demande de les prévenir quand j'aurai mis le prochain chapitre... pour que ça soit plus simple, après chaque chapitre posté j'essayerais de vous dire quand la prochaine suite sera en ligne! La prochaine devrait être là d'ici cette après-midi ou ce soir. Le chapitre est déjà écrit... mais je suis perplexe! 'Faut que je revois ça! Je voudrais vraiment que cette fic ne soit pas loin de la Perfection, même si ça n'existe pas! En tout cas, je voulais vraiment vous remercier pour tout vos commentaires, ça me fait trop plaisir! A peine trois jours que ma fic est lancée et j'ai déjà près de 2oo visites! J'ai encore du mal à y croire! Mais tout ça, c'est grâce à vous! Merci encore j'vous aime! ^^
# Posté le mercredi 04 juillet 2007 09:14
Modifié le vendredi 31 août 2007 05:55

Chapitre Trois

Chapitre Trois
Code Couleur: Bill -... / Tom -... / Amis de Tom -... / Eero -...


Chapitre Trois :
Bill longea le parc en regardant les arbres et les quelques personnes déjà levées. Il aurait voulu aller comme eux se promener, être libre, mais il était obligé d'aller au lycée. C'est le regard totalement perdu dans le ciel bleu parcouru de boules de coton blanches qu'il passa le portail et entra dans la cours. Comme tous les jours, perdu dans ses rêves, il ne vit pas la jambe tendue pour lui et se fit avoir. On lui fit un croche-pied, et il tomba misérablement à terre sous les moqueries et les insultes, auxquels il essayait d'être sourd. Bill leva le nez et son regard heurta de plein fouet celui de Tom, aussi mauvais qu'un diable, qui lui envoya son pied dans la joue. L'androgyne roula par terre, se releva comme il pu, et voulu s'enfuir en courant. Mais la bande de Tom était avec lui, et elle n'eut aucun mal à le rattraper.
- Hé, tu sais que la cour des p'tites fillettes de ton genre c'est de l'autre côté ? Se moqua un grand costaud appelé Sirius. En plus, tu ne peux pas la manquer, c'est écrit « Collège » de toutes les couleurs.
Bill ne dit rien, de toutes manières il n'y avait rien à dire. C'était comme si le temps avait ralentit sa course pour mieux se concentrer sur son cas, aussi désespéré soit-il. Il avait l'impression que tous les regards du monde étaient penchés sur lui et le regardait de haut, très haut. Il se sentait horriblement minuscule et faible. Le poids énorme de la honte l'écrasait et l'étouffait un peu plus à chaque minute passée dans ce monde si hostile et si injuste envers lui.
Quelqu'un derrière lui infiltra sa main dans son pantalon, et là l'androgyne fit volte face, furieux. Il retira violemment cette main et s'écria en essayant de paraître convainquant :
- Arrêtez putain !
Sans grand succès. Tom s'approcha par derrière sans que Bill ne le visse.
- Si y'a bien une putain ici, c'est toi, lui glissa Tom à l'oreille en lui tirant sauvagement la tête en arrière par les cheveux.
Bill frissonna en sentant le souffle chaud et amer de son soit disant frère lui parcourir la peau. Les autres approuvèrent les paroles de Tom en rigolant méchamment, hilares, ne sachant plus s'arrêter. Bill n'entendait plus que ces rires, et rien d'autre. Il ne voyait plus que ces visages affreux et déformés par une méchanceté et une cruauté sans limite. Il avait l'impression d'être au beau milieu d'un cauchemar, entouré de toutes parts par des monstres voulant le dévorer. C'était un peu le cas, abstraitement. Ces moqueries incessantes avaient pour effet de ronger l'androgyne de l'intérieur. Son âme, mais qu'était-elle devenue ?! Un néant, un vide, un gouffre sans fond. Un précipice gorgé de tristesse et de désespoir dans leurs infinités.
La sonnerie retentit, et après quelques bousculades Tom et son groupe s'éloignèrent pour aller en cours. Bill attendit qu'ils soient assez loin, puis se dirigea vers sa classe. Il s'assit au fond, comme toujours, près de la fenêtre. Et ainsi, il n'écoutait absolument rien des leçons. Non. Il regardait dehors, les arbres, les oiseaux, le vent, les nuages et le soleil. Il désirait s'échapper vers la forêt qu'on voyait au loin, et construire une cabane sur l'arbre le plus haut pour ainsi être le plus proche des cieux, et des arcs-en-ciel.
Durant ses rêvasseries, Bill s'évadait dans un tout autre monde, bien différent du monde réel. Tout était facile d'accès, tout le monde se comprenait, personne ne pleurait jamais parce qu'il se sentait dévalorisé. Un monde où honte, désespoir et pouvoir n'existaient pas. Et c'était tellement plus beau, plus magique que, la plupart du temps, Bill s'endormait sur sa table en rêvant à tout cela. Généralement, il se réveillait avec du feutre rouge ou rose sur les lèvres, les paupières crayonnées de multiples couleurs et les joues poudrées à la craie rouge qu'on avait effacée avec la brosse du tableau. En clair, on s'était bien amusé pendant qu'il dormait et le professeur n'avait rien vu, trop occupé par son cours « parfait ». Et maintenant il ressemblait lui-même à un arc-en-ciel...
A la sonnerie annonçant la récréation, Bill courut jusqu'aux toilettes pour aller se « démaquiller ». A chaque fois, les garçons présents dans les sanitaires se payaient sa tête, et bien souvent Bill terminait la figure dans le lavabo, les cheveux et le tee-shirt trempés. Et combien de fois avait-il retrouvé sa veste dans la cuvette d'un des toilettes...
Après s'être fait rincé, tout autant par l'eau que pas les moqueries du genre : « c'est pas ici les chiottes des filles » ou « tu viens te refaire une beauté ? », Bill sortit des toilettes inondés, essayant d'oublier au plus vite ce qui venait de se passer. Il tentait toujours d'enfermer ses malheurs dans un tiroir au coin de sa mémoire, ça marchait assez bien ; mais la nuit, lorsqu'il dormait, il revoyait toutes ses images comme des insultes suprêmes auxquels il semblait ne jamais pouvoir échapper. C'était comme écrit quelque part, on ne sait trop où, et ça devait se produire. C'était inévitable.
Bill sortit dans la cour. Il essaya de se faire le plus discret possible en guettant le moindre visage hostile de la bande de Tom. Quand plus aucun ennemi ne fut en vue, il s'extirpa à l'autre bout de la cour à pas pressés et se cacha derrière le tronc d'un platane, s'allongeant presque dans l'herbe récemment tondue. Personne ne le voyait ici, et la plupart du temps personne ne venait le déranger. Ainsi, il pouvait tranquillement fermer les yeux sur la dure réalité un moment, pour respirer, reprendre son souffle.
Mais pas cette fois-ci. On lui tapota légèrement l'épaule, ce qui l'étonna au plus haut point. Généralement, pour l'aborder, on le bousculait ou on l'appelait par un surnom humiliant à travers toute la cour. Mais là, non, c'était tout en douceur. Bill ouvrit les yeux précipitamment, croyant à une mauvaise blague. Mais il n'y avait qu'un garçon qui se tenait en face de lui, accroupit et souriant, et personne d'autre. L'androgyne se prépara à tout, mais pas à cette demande :
- Salut, tu voudrais bien... commença timidement le garçon, manger avec moi ce midi à la cantine ?
Bill ne répondit pas. Il était si étonné qu'il regardait avec des yeux tout ronds ce garçon au visage doux comme un ange.
- Si tu ne veux pas, je comprendrais... continua-t-il, mais j'aimerais vraiment.
Il n'était pas clair et Bill était loin de comprendre. Ça devait être Tom qui l'avait envoyé. Néanmoins, l'androgyne ne pouvait pas se détacher de son visage encadré de longs cheveux dorés en bataille. Et ses grands yeux bleus le regardaient intensément. Ce garçon lui prit la main, et Bill n'eut aucun geste défensif, mais il en frissonna. Il avait l'impression qu'il pouvait lui faire confiance. Cependant, il était près à relâcher cette idée et à s'enfuir s'il voyait un quelconque mouvement hostile. Le garçon sourit, gêné. Ses joues s'empourpraient à vue d'½il.
- Je... je m'appelle Eero.
Bill ne dit toujours rien, muet. Il se contentait de dévisager ce garçon si... différent, si mystérieux.
- Ça va ? Demanda soucieusement le garçon.
Sa main quitta celle de Bill pour venir se poser sur sa joue pâle, et la caressa tout doucement. Bill ne quittait pas des yeux ce visage attendrissant en face de lui, comme absorbé. Il avait l'impression qu'il se rapprochait, tout doucement, lentement, progressivement. Et étonnement il n'avait pas de geste de recul. Le garçon finit par effleurer ses lèvres aussi légèrement que la brise d'été qui soulevait les feuilles des arbres. Une agréable chaleur s'empara du ventre de Bill, et aussi de son c½ur si froid. Il avait l'impression de s'envoler, de quitter cette terre de brute pour un paradis remplit d'un amour aussi coloré que l'arc-en-ciel de ses rêves les plus fous.

Il faudrait que je me réveille
Pour oublier ce rêve
Au bord du monde, aux bornes du ciel
Arrivant du pays aux merveilles

Les lèvres du garçon quittèrent les siennes pour embrasser son front, puis il le prit entièrement dans ses bras, serrant sa tête contre son c½ur. Bill ne comprenait pas. Il se sentait bercer par l'odeur de l'inconnu. Il devait s'être endormit et faisait un rêve sucré remplit de volupté comme il l'aimait. Son propre c½ur battait la chamade, et c'était nouveau pour lui.
Le garçon, Eero, éloigna ensuite le petit corps recroquevillé de Bill du sien, et voyant que celui-ci le regardait avec des points d'interrogation dans les yeux, il dit :
- Je sais ce qu'on te fait, cela fait longtemps que je t'observe, et je ne supporte pas qu'on te fasse tout ça, Bill. Je voudrais te protéger, t'aider. Personne ne devrait vivre ce que toi tu endures.
Bill reprit ses esprits. Tout ça n'était rien d'autre que louche.
- Qui... qui tu es ? Et pourquoi j'accepterais ? Je ne te connais pas, tu ne me connais pas. C'est Tom qui t'envoie ? Demanda Bill de sa voix fluette, restant effroyablement calme.
- Tom ? Bien sûr que non. Ne vas pas croire que je traîne avec des mecs de son genre... Répondit sincèrement Eero dans un petit rire.
- Oui mais... pourquoi alors ? Demanda l'androgyne sur un ton presque enfantin et plein de curiosité.
- Je viens de te le dire, dit Eero dans un sourire. Je t'admire Bill, tous les jours, tu affrontes ces mecs et...
- C'est pas vrai, le coupa Bill en tournant la tête de gauche à droite. Tu as juste pitié de moi, comme tout le monde.
- Non, c'est faux ne dis pas ça, dit Eero en caressant la joue de Bill. Si j'avais vraiment pitié de toi, tu crois que je serais venu te voir ?
- Qu'est ce que j'en sais ? Tu n'es pas le premier à venir me voir en prétendant vouloir m'aider... et arrivé là à m'emprisonner dans des moqueries...
- Bill, je ne suis pas comme eux ! S'écria Eero, sans perdre ni son sang froid ni son sourire.
- Si, si tu es comme eux.
- Non, je ne...
- Alors prouve-le.
Eero resta face à l'androgyne qui le fixait sans ciller, attendant probablement un miracle, y croyant très fort. Il espérait que ce garçon blond l'aiderait, même s'il se la jouait solitaire. Mais Eero ne dit rien et, après avoir soutenu le regard insistant de Bill quelques secondes, il baissa les yeux. Une sorte de hoquet s'échappa de la bouche de Bill, où il se dessina un sourire, un sourire bourré de reproches et de déceptions.
- Bill, ne crois pas ça, je ne suis pas comme les autres... essaya une dernière fois Eero en relevant la tête.
- Laisse-moi tranquille s'il te plaît... souffla Bill en baissant la tête.
Eero embrassa les cheveux corbeau de l'androgyne, se releva et partit. Au fond de lui, Bill savait qu'il n'était pas comme les autres, ça se lisait dans ses yeux bleus lagon. Mais aussi parce qu'il était parti sans discuter lorsqu'il le lui avait demandé. Ordinairement, lorsque Bill demandait à ce qu'on le laisse tranquille, on l'embêtait deux fois plus. Or, là, Eero était réellement parti...

Paroles: Sweet Dreams - Indochine (modifiées) *

Laisez vos impressions! La suite devrait être en ligne samedi si tout va bien! Il se peut aussi que je la finisse ce soir. Mais demain y'a aucune chance, je suis à Paris pour un concert! Bisoux à toutes! ^^
# Posté le jeudi 05 juillet 2007 10:02
Modifié le vendredi 31 août 2007 05:58

Chapitre Quatre

Chapitre Quatre
Code Couleur: Bill -... / Tom -... / Amis de Tom -... / Eero -...


Chapitre Quatre :
Le midi, dès que Bill fût sorti de la classe, il se dirigea vers la cantine. Il essayait toujours de passer dans les premiers, comme ça il n'y avait pas trop de monde dans le réfectoire et on le laissait tranquille. Et ensuite il pouvait retourner se cacher derrière son platane.
Avant, il pensait que passer dans les derniers serait mieux pour être seul et tranquille. Mais justement, c'était la pire des plages horaires pour aller à la cantine. Car, souvent voir très fréquemment, Tom et ses copains passaient dans ces eaux là, toujours en retard à cause de leur virée dans la rue pour fumer. Et quand l'androgyne tombait sur eux, impossible de manger. Soit ils lui prenaient son plateau pour le manger eux-mêmes, soit ce plateau finissait par terre ou dans sa figure. Alors souvent Bill ne mangeait pas du matin jusqu'au soir. Et comme si cela ne suffisait pas encore, Tom aimait l'empêcher de manger le soir quand leur mère n'était pas là, c'est-à-dire presque tout le temps.
Donc à présent il se dépêchait pour manger dans les premiers. Il arriva d'un pas pressé devant les portes de la cantine et valida sa carte pour payer le repas.
- Bill ! S'écria quelqu'un derrière lui.
Bill ne se retourna pas, craignant une mauvaise plaisanterie, et se dirigea vers le self. Une main se posa sur son épaule alors qu'il allait prendre son plateau. L'androgyne se retourna craintivement, et ne pu s'empêcher de sourire en voyant Eero, lui apparaissant comme un rayon de soleil perçant une voûte nuageuse et noire. Le blond fût totalement séduit par la beauté de ce sourire.
- Tu ne m'avais pas répondu tout à l'heure, dit Eero tout essoufflé.
- How... fit Bill. Mais tu... tu n'as pas peur ?
- Peur de quoi ? S'exclama Eero en souriant.
- Qu'après on te traite comme moi parce que tu auras mangé avec moi.
- Mais Bill... ça ne m'importe pas du tout. Je me fiche de ce que pensent les autres.
Les lèvres de Bill s'étirèrent dans un sourire resplendissant, reconnaissant, comme un gamin à qui on venait d'autoriser l'entrée dans le parc de jeux des plus grands.
Les deux garçons allèrent s'installer face à face à une table après avoir remplit leurs plateaux. Eero commença à manger, mais Bill le fixait étrangement sans ciller.
- Qu'est ce qu'il y a ? Demanda Eero en retirant sa fourchette qu'il allait mettre dans la bouche.
- Rien, dit Bill en sursautant presque, comme sortant d'un rêve. C'est juste que je n'ai pas l'habitude de manger avec quelqu'un, alors ça me fait tout drôle.
- Tu devras t'y habituer, dit Eero en souriant, car je compte manger avec toi tous les jours.
- En quel honneur ? Demanda l'androgyne.
- Simplement parce que j'ai envie, répondit le blond.
- Tu ne devrais pas... soupira Bill en regardant son assiette.
- Je ne vois pas pourquoi, tu n'es pas un monstre !
- C'est pour ton image que je dis ça.
- Mon image...? S'étonna Eero qui n'avait apparemment pas compris.
- Oui, ta popularité, dit Bill en faisant tourner les dents de sa fourchette dans les aliments de son assiette. Tout le monde sait que rester avec moi ça en fait bien descendre le taux, et puis tu finiras par être considéré comme moi. Je n'ai pas très envie que tu connaisses cette honte...
Bill n'avait pas relevé les yeux en disant cela, honteux lui-même. Il n'avait pas envie qu'Eero soit mêlé à tous ses problèmes affreux. Comme il l'avait si bien dit tout à l'heure, personne ne devrait vivre ce que l'androgyne vivait. Et celui-ci ne voulait pas que ce garçon connaisse cette humiliation quotidienne, lourde et insupportable pour quiconque n'en ayant pas prit l'habitude. Bill s'était habitué, c'était encré dans sa vie quotidienne, c'en était presque normal à présent ; ils étaient nombreux et forts, ils devaient gagner, lui il était seul et faible, il devait perdre. Pour lui c'était logique et ça rentrait dans l'ordre des choses.
- Bill, dit Eero d'une voix calme, je me fou de savoir ce que pensent les autres. Si je peux t'aider, je le ferais.
Il ne pouvait pas, Bill en avait décidé ainsi. Il ne voulait pas qu'Eero l'aide, il ne voulait pas lui exposer ses problèmes au lycée, et encore moins ceux avec Tom. Il n'avait pas envie qu'on le sache, il en avait beaucoup trop honte. Et Eero n'avait pas à fouiller dans sa vie, voilà. Ils ne se connaissaient pas, point.
- Ecoute Eero, c'est vraiment gentil de vouloir m'aider, dit Bill en brisant le silence. Mais tu ne peux pas, personne ne peut.
Et à ces mots, il quitta la table en prenant son plateau sans adresser de regard au blond, puis traversa le réfectoire à pas pressés. Il déposa son plateau sur les étagères prévues à cet effet et sortit de la cantine. Malheureusement, en allant vers son arbre à l'autre bout de la cour, il croisa Tom et ses acolytes.
- Tiens, mais qui vient là ? S'écria un gros prénommé Larry. C'est notre petite tantouze préférée !
- Tu vas où comme ça ? Demanda le grand Sirius en se postant devant lui. T'as l'air pressé !
Bill gardait son calme. Il ne fallait ni s'énerver, ni pleurer, ni rien. Sinon, ils obtiendraient ce qu'ils voudraient. Il fallait jouer au jouet qui ne marche plus et ils s'en iront, lassés.
- Dis-moi, reprit le gras double de Larry, j'me suis fais lâchement plaquée par texto y'a trois jours. J'suis en manque, tu voudrais pas me faire quelques gâteries ?
- Ha ouais et à moi aussi ! S'écria Sirius.
- Moi aussi j'veux m'faire sucer par la tafiole ! S'exclama un autre aux cheveux coupés à ras, du nom de Ralph.
Bill les fixait un à un, la respiration saccadée, mourrant de honte et d'irrespect. Tom arriva devant l'androgyne pétrifié, à côté de Sirius. Il sourit mauvaisement et, tout en fixant Bill, il dit :
- On verra ça demain soir les gars. La mère elle est pas là normalement donc on devrait avoir la paix pour...
Bill le gifla, les larmes aux yeux. Ce n'était pas parce que Tom venait d'organiser un gang-bang qu'il avait fait ça, mais parce qu'il parlait de leur mère comme de n'importe qui, sans respect ni amour envers elle. Et Bill ne supportait pas cela. Lui, il l'aimait si fort sa maman...
- Tu parles pas de maman comme ça ! Cria-t-il, les poings serrés. Tu t'en fiches que maman va mal, hein ? Hein, tu t'en fiches ?
Les autres pouffèrent de rire. Tom souriait, se sentant si supérieur...
- Le petit Bibill à sa maman il va encore chialer ?! S'écria Larry, hilare comme jamais.
Bill fondit en larmes. Ils avaient encore gagné. Combien de défaites encore il allait devoir essuyer ? Il se demandait s'il aurait assez de larmes pour pleurer...
- Donc demain soir, reprit Tom sans jamais quitter l'androgyne des yeux, amenez la vodka et les clopes. On devrait bien s'amuser.
Bill se risqua à lever les yeux vers son « frère ». Il le voyait à peine, le regard embué par ses pleures, mais rien que cette image floue de ce monstre le faisait brûler de colère et de peur à la fois. Il voulu se dégager du cercle de malfaiteurs qui l'entourait, mais Tom le retînt par le bras.
- Tu sais Bill, dit-il froidement, tu fais honte à notre mère. Tu crois qu'elle éprouve de la fierté à avoir une tafiole comme toi en guise de fils ? J'crois pas. Tu lui fais honte, tu faisais déjà honte à papa. Et à moi aussi tu me fais honte. Regarde-toi, t'es plus pathétique que les putains sur le trottoir. Tu mériterais même pas de vivre.
Bill ne voyait définitivement plus rien, trop de larmes coulaient et dégoulinaient le long de ses joues rouges de honte.
- Toi, dit Bill entre deux sanglots, t'es encore plus salaud que papa !
A ces mots, Tom lui décocha un coup de poing dans la mâchoire. Et pour le faire tomber par terre, il lui en donna un autre dans le ventre. Bill s'effondra, retombant assit sur le macadam, les mains sur son ventre. Tout en riant, les autres lui infligèrent quelques coups de pieds accompagnateurs dans les côtes, puis ils s'éloignèrent ivres de rire.
Bill essuya la perle de sang qui se pointait au coin de ses lèvres et s'empressa de se relever tant bien que mal, et, avant de repartir derrière son platane pour pleurer à l'abri des regards, il vit Eero sortir de la cantine, l'ayant probablement vu se faire frapper. Il avait le regard stupéfait et remplit d'une tristesse indéfinissable. L'androgyne l'ignora et alla se cacher derrière le tronc d'arbre.
- Bill ! S'écria Eero en le rattrapant par le bras.
- Mais laisse moi ! S'écria méchamment Bill en se dégageant violemment.
Il s'assit dos à l'arbre, replia ses genoux contre sa poitrine, les entoura de ses bras et cacha son visage en pleurs dedans. Qu'est-ce qu'il se haïssait... Qu'est-ce qu'il haïssait Tom... Qu'est-ce qu'il haïssait ce monde hostile sans la moindre couleur d'espérance...

Mother can we start over ?
Maman, pouvons nous repartir de zéro ?
I wanna be the boy was back then
Je veux redevenir le garçon que j'étais à l'époque
Before the world came
Avant que le monde ne débarque
And made me colder
Et qu'il me rende froid
I wanna feel the way I did back then
Je veux me sentir comme je me sentais auparavant
With love in my heart
Avec de l'amour dans mon coeur

Paroles: Beautiful Place - Good Charlotte *

Voilà comme promis! Laissez vos com's ;) . Le prochain chapitre pourrait être en ligne ce soir, ou demain soir au plus tard! Sinon, pour les curieuses qui me l'ont demandé, je suis allé au concert des Red Hot Chili Peppers, au Parc des Princes. C'était... Wahou quoi... y'en a qui y était?
# Posté le samedi 07 juillet 2007 06:54
Modifié le vendredi 31 août 2007 06:00